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Comment démarrer son activité d’autoentrepreneur ? Toutes les astuces et démarches

Envie de lancer votre activité en microentreprise ? Conditions, démarches, documents, plafonds de chiffre d’affaires et conseils concrets pour bien démarrer.

Comment démarrer son activité d’autoentrepreneur ? Toutes les astuces et démarches

L’autoentreprise, appelée microentreprise depuis janvier 2016, séduit de plus en plus de personnes qui souhaitent tester une idée, compléter un revenu ou se lancer à leur compte avec des démarches simplifiées. Ce régime permet de créer et gérer une activité indépendante avec des formalités allégées, à condition de bien en comprendre le fonctionnement.

Dans cet article, vous découvrirez qui peut devenir autoentrepreneur, quelles activités sont concernées, les étapes de création pas à pas, ainsi que des conseils pratiques pour démarrer sur de bonnes bases.


Qui peut devenir autoentrepreneur ?

L’autoentrepreneur est un entrepreneur individuel soumis au régime micro-social et au régime micro-fiscal. Ce statut est volontairement ouvert et accessible à un large public.

Profils pouvant accéder au régime microentreprise

Presque tout le monde peut devenir autoentrepreneur, notamment :

  • les retraités ;
  • les demandeurs d’emploi ;
  • les étudiants ;
  • les salariés du privé ;
  • les fonctionnaires (sous réserve du respect de leurs obligations statutaires) ;
  • les mineurs émancipés ;
  • les étrangers, sous certaines conditions de titre de séjour ;
  • les personnes exerçant des professions libérales, à l’exception notamment des médecins et avocats.

L’autoentrepreneur peut cumuler son activité avec :

  • un emploi salarié ;
  • une pension de retraite ;
  • d’autres sources de revenus.

Ce cumul permet de démarrer progressivement, de tester un projet ou de générer un complément de revenu sans quitter immédiatement son activité principale.

Attention : avant de vous lancer, vérifiez toujours les clauses de votre contrat de travail (clause d’exclusivité, de non-concurrence) et les règles spécifiques à votre fonction publique le cas échéant.


Quelles activités sont possibles en autoentreprise ?

Le microentrepreneur peut exercer différents types d’activités, tant que celles-ci entrent dans le champ du régime micro.

Types d’activités éligibles

Vous pouvez créer une autoentreprise pour :

  • une activité commerciale : achat-revente de biens, commerce en ligne, restauration, fourniture d’hébergement, etc. ;
  • une activité artisanale : travaux de bâtiment, réparation, création artisanale, coiffure, esthétique, etc. ;
  • une activité de prestations de services : services à la personne, conseil, formation, informatique, etc. ;
  • certaines professions libérales : activités intellectuelles, de conseil ou d’expertise (hors professions exclues comme les médecins et les avocats).

Plafonds de chiffre d’affaires à respecter

Pour rester au régime de la microentreprise, vous devez respecter des plafonds de chiffre d’affaires (CA) :

  • 170 000 euros pour les activités commerciales (achat/vente, fourniture d’hébergement, restauration, etc.) ;
  • 70 000 euros pour les prestations de services et les professions libérales.

Vous pouvez également mener plusieurs activités en même temps (par exemple, vente de matériel informatique et services de dépannage). Dans ce cas :

  • le CA global hors taxes ne doit pas dépasser 170 000 euros ;
  • la part liée aux prestations de services ne doit pas dépasser 70 000 euros.

Dès que ces limites sont franchies, l’entreprise perd le bénéfice du régime de la microentreprise et bascule dans un régime d’entreprise individuelle classique, avec des obligations plus lourdes.

Résumé des plafonds de chiffre d’affaires

Type d’activitéExemple d’activitéPlafond de CA (HT)
Commerciale (achat/vente, hébergement, etc.)Boutique en ligne, restaurant, gîte170 000 €
Prestations de servicesConseil, dépannage, services à la personne70 000 €
Professions libérales (éligibles)Consultant, formateur, coach70 000 €

Quelles démarches pour démarrer son activité d’autoentrepreneur ?

Pour bénéficier du statut d’autoentrepreneur, vous devez effectuer plusieurs démarches administratives. Si vous ne souhaitez pas les réaliser seul, vous pouvez vous faire accompagner par des plateformes spécialisées comme Pole-autoentrepreneur qui proposent un accompagnement en ligne.

1. Déclarer en ligne le début d’activité

La première étape consiste à déclarer votre début d’activité en ligne auprès de votre Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent :

  • Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) : pour les activités commerciales ;
  • Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) : pour les activités artisanales ;
  • URSSAF : pour les professions libérales ;
  • Greffe du Tribunal de commerce : pour les agents commerciaux.

Pièces à fournir

Pour votre déclaration, vous devrez notamment transmettre :

  • une copie de votre pièce d’identité en cours de validité ;
  • le formulaire « P0 Micro-entrepreneur », à remplir en ligne :
    • description de votre activité principale ;
    • informations d’état civil ;
    • lieu d’exercice (domiciliation de l’entreprise) ;
    • choix de la périodicité des cotisations sociales ;
    • choix de l’option fiscale (imposition classique ou versement fiscal libératoire lorsque vous y avez droit).

La pièce d’identité est généralement transmise en version numérisée. Prenez le temps de remplir précisément votre formulaire, notamment sur la nature de l’activité : cela conditionne votre code APE et vos interlocuteurs administratifs.

Cas des professions réglementées

Si vous exercez une profession réglementée (construction, entretien et réparation de véhicules et machines, coiffure, esthétique, etc.), vous devrez joindre :

  • une copie de votre diplôme ou titre professionnel ;
  • ou un justificatif d’expérience professionnelle suffisante.

Sans ce justificatif, vous ne pourrez pas bénéficier du statut d’autoentrepreneur pour ce type d’activité.


2. S’immatriculer pour les activités artisanales et commerciales

En plus de la déclaration de début d’activité, les artisans et commerçants doivent remplir des formalités d’immatriculation.

Immatriculation au Répertoire des Métiers (RM)

Si vous exercez une activité artisanale :

  • vous devez vous immatriculer au Répertoire des Métiers (RM) ;
  • vous fournissez les pièces demandées au CFE de la CMA dont vous dépendez ;
  • l’immatriculation au RM est gratuite ;
  • en revanche, une taxe pour les frais de chambre consulaire sera prélevée en même temps que vos cotisations sociales, mensuellement ou trimestriellement.

Immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS)

Si vous exercez une activité commerciale :

  • vous devez vous immatriculer au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) ;
  • les pièces sont à transmettre au CFE de la CCI compétente ;
  • l’immatriculation est elle aussi gratuite ;
  • une taxe pour les frais de chambre consulaire sera également prélevée avec vos cotisations.

Cas des commerçants ou artisans ambulants

Les commerçants ou artisans qui exercent en dehors de leur commune de domiciliation doivent obtenir une carte d’ambulant les autorisant à exercer dans d’autres communes. Ne négligez pas cette formalité si vous vendez sur les marchés, foires, etc.


3. Réception des documents officiels

Une fois votre déclaration validée par le CFE, vous recevez plusieurs documents confirmant l’existence de votre autoentreprise. Selon votre activité, il peut s’agir de :

  • un certificat d’inscription au Répertoire des Entreprises et des Établissements (INSEE), comportant :
    • votre numéro SIRET (généralement reçu entre 1 et 4 semaines, selon l’activité et le département) ;
    • votre code APE ;
  • une notification d’affiliation au régime microentrepreneur de la part de votre CFE ;
  • un extrait K (pour les autoentrepreneurs artisans et/ou commerçants), qui atteste de l’existence juridique de votre entreprise ;
  • une notification d’affiliation à la Sécurité sociale des indépendants, généralement reçue après 4 à 6 semaines.

Il est recommandé d’attendre cette dernière notification avant de créer votre compte en ligne dédié à la déclaration de votre chiffre d’affaires.

Déclarer son chiffre d’affaires, même s’il est nul

Après la création, vous devez déclarer régulièrement votre chiffre d’affaires, même si celui-ci est de 0 euro. Vous pouvez choisir :

  • une déclaration mensuelle (dernier jour du mois) ;
  • ou une déclaration trimestrielle (autour du 30 avril, 31 juillet, 31 octobre, 31 janvier à midi).

Ne pas déclarer (même zéro) peut entraîner des pénalités. Intégrez dès le départ cette échéance dans votre organisation.


5 conseils pour bien démarrer son autoentreprise

Une fois votre autoentreprise créée, le véritable enjeu commence : faire vivre et développer votre activité. Voici quelques bonnes pratiques pour partir sur de bonnes bases.

1. Privilégier la qualité à la quantité

Accepter tous les contrats peut sembler rassurant au début, mais cela peut rapidement vous épuiser et nuire à la qualité de votre travail. À terme, cela risque d’éloigner les clients sérieux et fidèles.

  • Sélectionnez vos missions en fonction de leur intérêt, de votre expertise et de votre capacité réelle à les mener.
  • Préférez moins de clients, mais mieux servis, pour construire une réputation solide.

2. Investir dans votre communication

Même en microentreprise, votre image de marque est essentielle :

  • soignez vos supports : logo, cartes de visite, site ou page web, profils sur les réseaux sociaux ;
  • confiez certains éléments à des professionnels (graphistes, rédacteurs, webdesigner) si nécessaire ;
  • adoptez un discours clair sur ce que vous faites, pour qui et avec quels bénéfices.

Un investissement réfléchi en communication peut faire la différence sur votre marché et accélérer votre démarrage.

3. Distinguer salaire et chiffre d’affaires

Beaucoup de débutants confondent chiffre d’affaires et revenu personnel. Or :

  • le chiffre d’affaires correspond à la somme facturée à vos clients ;
  • ce n’est pas votre « salaire » : il faut en déduire les cotisations sociales, les impôts et toutes vos charges (frais de déplacement, matériel, abonnements, assurances, etc.).

Prenez le temps de :

  • lister l’ensemble de vos charges liées à l’activité ;
  • estimer un montant à mettre de côté pour vos cotisations sociales et votre impôt ;
  • prévoir une marge de sécurité pour les imprévus.

Cette discipline vous évitera les mauvaises surprises de trésorerie.

4. Vendre au prix du marché

Fixer des prix trop bas « parce qu’on débute » est tentant, mais risqué :

  • certains clients assimilent prix bas à mauvaise qualité ;
  • vous risquez de travailler beaucoup sans dégager de revenu correct ;
  • il sera ensuite difficile d’augmenter fortement vos tarifs.

Renseignez-vous sur les prix pratiqués sur votre marché, évaluez vos coûts et positionnez-vous à un niveau cohérent avec votre niveau de service et de compétence.

5. Ne jamais arrêter de prospecter

Même si vous avez déjà quelques bons clients, continuez à prospecter régulièrement, surtout en prestations de services :

  • vos clients actuels peuvent réduire ou arrêter leurs commandes ;
  • la prospection demande du temps et produit des effets différés ;
  • avoir un flux continu de contacts vous permet de choisir vos missions.

Diversifiez vos actions : réseaux sociaux, bouche-à-oreille, réseaux professionnels, partenariats, événements… L’objectif est de ne jamais dépendre d’un seul client.


En maîtrisant ces démarches administratives et ces bonnes pratiques de gestion, vous mettez toutes les chances de votre côté pour démarrer votre activité d’autoentrepreneur dans les meilleures conditions et la développer sereinement.

Questions fréquentes

Puis-je être salarié et autoentrepreneur en même temps ?

Oui, le cumul est possible, sous réserve de respecter les éventuelles clauses de votre contrat de travail (exclusivité, non-concurrence) et d’informer votre employeur si nécessaire.

Dois-je déclarer mon chiffre d’affaires même s’il est à 0 € ?

Oui, la déclaration de chiffre d’affaires est obligatoire à chaque échéance, même si vous n’avez encaissé aucune recette sur la période.

Combien de temps faut-il pour obtenir mon numéro SIRET ?

Après votre déclaration de début d’activité, le numéro SIRET est généralement attribué par l’INSEE dans un délai de quelques semaines, variable selon l’activité et le département.

L’immatriculation au RCS ou au RM est-elle payante pour un autoentrepreneur ?

L’immatriculation en elle-même est annoncée comme gratuite, mais une taxe liée aux frais de chambre consulaire est prélevée en même temps que les cotisations sociales.

Puis-je exercer plusieurs activités différentes sous la même autoentreprise ?

Oui, vous pouvez cumuler plusieurs activités au sein d’une même autoentreprise, tant que vous respectez les plafonds de chiffre d’affaires globaux et spécifiques aux prestations de services.

Faut-il un diplôme pour créer une autoentreprise artisanale ?

Pour certaines activités artisanales réglementées (bâtiment, coiffure, esthétique, etc.), un diplôme ou un justificatif d’expérience est requis pour pouvoir bénéficier du statut d’autoentrepreneur.