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Le secteur tertiaire face aux défis de la consommation d’énergie et des nouvelles obligations environnementales

Secteur tertiaire : décryptez les nouvelles obligations énergétiques, le décret tertiaire et les leviers concrets pour réduire coûts, empreinte carbone et risques.

Le secteur tertiaire face aux défis de la consommation d’énergie et des nouvelles obligations environnementales

En pleine accélération des contraintes climatiques et réglementaires, le secteur tertiaire est en première ligne. Il représente une part très importante de l’énergie consommée en France, notamment à travers les bâtiments (bureaux, commerces, établissements recevant du public) et leur exploitation quotidienne.

Pour les dirigeants, DRH, DAF ou responsables RSE, la question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment transformer ces obligations en opportunité de performance et d’attractivité.

Comprendre le cadre : décret tertiaire et plan de sobriété énergétique

Le décret tertiaire : une trajectoire de réduction structurante

Le décret tertiaire, publié en 2019, fixe une obligation de réduction progressive des consommations d’énergie finale dans les bâtiments tertiaires. Il concerne notamment les bureaux d’une surface supérieure à 1 000 m².

L’un des jalons clés :

  • Objectif de –40 % de consommation d’énergie à l’horizon 2030 par rapport à une année de référence située autour de 2010 (pour les bâtiments concernés).

Concrètement, cela impose aux entreprises de :

  • Mesurer précisément leurs consommations (chauffage, climatisation, éclairage, ventilation, usages bureautiques…).
  • Définir une stratégie de réduction avec un plan d’actions pluriannuel.
  • Suivre et déclarer régulièrement les résultats obtenus via les dispositifs prévus par l’État.

Le plan de sobriété énergétique : des résultats rapides attendus

En complément, un plan de sobriété énergétique a été annoncé par le gouvernement avec un objectif de :

  • –10 % de consommation d’énergie demandé aux entreprises, dès les premiers mois de mise en œuvre.

Cette démarche vise à :

  • Réduire la dépendance énergétique.
  • Diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
  • Inciter les organisations à adopter des gestes simples mais systématiques (réglages de température, extinction des équipements, éclairage optimisé, etc.).

Pour les entreprises du tertiaire, l’enjeu est donc double : se mettre en conformité tout en maîtrisant leurs coûts dans un contexte de tension sur les prix de l’énergie.

Mutualiser les espaces : une réponse concrète aux défis énergétiques

Bureaux partagés et sous-location : moins de m², plus d’efficacité

La mutualisation des espaces de travail est un levier puissant de réduction de la consommation énergétique. Le principe :

  • Partager des bureaux entre plusieurs entreprises ou équipes.
  • Optimiser le taux d’occupation des m² déjà disponibles.
  • Limiter les surfaces inutilisées qui consomment tout de même chauffage, climatisation et éclairage.

Parmi les bénéfices :

  • Réduction de la facture énergétique globale par m² utile.
  • Diminution des coûts fixes immobiliers (loyer, charges, entretien).
  • Limitation du nombre de sites à gérer et à chauffer/climatiser.
  • Baisse des consommations liées aux équipements de bureau (imprimantes, serveurs, cafétéria…).

Limiter le gaspillage et mutualiser les équipements

Les locaux partagés permettent également de :

  • Mettre en commun des équipements (salles de réunion, vidéoprojecteurs, imprimantes, cuisine…).
  • Réduire l’achat de matériel en double ou en triple.
  • Optimiser l’utilisation des services (ménage, sécurité, maintenance technique…).

Ces facteurs contribuent à réduire :

  • La consommation énergétique globale.
  • Le gaspillage de ressources matérielles.
  • L’empreinte environnementale associée à la production et au renouvellement du matériel.

Tableau récapitulatif : bureaux classiques vs espaces mutualisés

AspectBureaux classiques (non mutualisés)Espaces mutualisés / partagés
Surface utiliséeNombreux m² parfois sous‑occupésM² optimisés, meilleur taux d’occupation
Consommation énergétiqueFixe, peu corrélée à l’occupation réelleRéduite et mieux proportionnée à l’usage réel
ÉquipementsMatériel dupliqué dans chaque entitéÉquipements partagés, moins de matériels à alimenter
Coûts de structurePlein loyer et charges pour chaque entrepriseCharges partagées entre plusieurs occupants
FlexibilitéFaible, difficile d’adapter la surface à l’activitéForte, ajustement possible selon la croissance ou la saison

Piloter et réduire la consommation énergétique au quotidien

Agir sur les réglages : des économies immédiates

Au-delà de la configuration des locaux, des actions simples permettent de réduire significativement la consommation énergétique :

  • Réduire la température de chauffage d’1°C l’hiver permet de réaliser une économie notable d’énergie.
  • Relever d’1°C le réglage de climatisation l’été a un impact similaire sur la consommation.
  • Programmer l’extinction automatique des équipements (éclairage, ordinateurs, écrans, imprimantes) en dehors des heures d’occupation.
  • Adapter l’éclairage aux besoins réels : capteurs de présence, zones moins éclairées dans les espaces peu utilisés.

Ces actions sont d’autant plus efficaces qu’elles sont suivies dans le temps, par exemple via :

  • Un suivi régulier des factures et index de compteurs.
  • Des indicateurs simples affichés et partagés aux équipes (consommation mensuelle, évolution par rapport à l’année précédente).
  • Une sensibilisation continue des collaborateurs (rappels, affichages, formation rapide).

Mutualiser les services et les coûts de structure

Les bureaux partagés présentent également des avantages de gestion :

  • Services mutualisés : accueil, ménage, sécurité, maintenance, conciergerie.
  • Coûts de structure dilués entre plusieurs entreprises (charges, abonnements, contrats de maintenance).
  • Échanges de bonnes pratiques entre utilisateurs du même espace (énergie, mobilité, numérique responsable…).

Résultat : une gestion plus sobre, plus économique, et souvent plus professionnelle des bâtiments.

Encourager des déplacements plus sobres et plus intelligents

Télétravail et travail de proximité

La mobilité des collaborateurs est un poste majeur d’émissions et de dépenses. Les entreprises du tertiaire peuvent agir en :

  • Développant le télétravail quand l’activité s’y prête.
  • Proposant des postes de travail dans des bureaux proches du domicile des salariés (espaces partagés, autres sites d’entreprises, tiers-lieux).
  • Organisant la présence au bureau en fonction des besoins réels (réunions, ateliers collaboratifs, accueil client), plutôt que par habitude.

Ces leviers permettent de :

  • Réduire les distances parcourues quotidiennement.
  • Diminuer les dépenses en carburant.
  • Limiter la pollution de l’air liée aux trajets domicile-travail.

Plans de mobilité durables et aides aux transports

Les entreprises peuvent aussi mettre en place des dispositifs concrets pour encourager les mobilités durables :

  • Participation financière à l’achat ou à la location de vélos ou trottinettes électriques.
  • Mise en place de plans de mobilité favorisant le covoiturage, les transports en commun ou les modes actifs.
  • Utilisation du crédit mobilité pour inciter un collaborateur à renoncer à un véhicule de fonction au profit de solutions plus durables.

Ces mesures contribuent à :

  • Réduire la consommation d’essence.
  • Diminuer les émissions de CO₂ et la pollution de l’air.
  • Proposer aux collaborateurs des alternatives économiques et pratiques.

Des bénéfices tangibles pour les collaborateurs et les entreprises

Qualité de vie au travail et attractivité

La réduction des déplacements et l’organisation plus flexible du travail ont un impact direct sur :

  • Le temps gagné au quotidien (moins de temps passé dans les transports).
  • Le bien-être des salariés (moins de fatigue, plus de temps personnel).
  • L’attractivité de l’entreprise sur le marché de l’emploi.

Les bureaux mieux conçus (espaces partagés, convivialité, confort thermique et acoustique) renforcent également :

  • L’engagement des équipes.
  • La collaboration et l’innovation.
  • L’image responsable de l’organisation.

Performance économique et conformité réglementaire

Pour l’entreprise, la transition écologique n’est pas seulement une contrainte :

  • Baisse des charges (énergie, immobilier, maintenance).
  • Réduction des risques liés à la non-conformité réglementaire.
  • Valorisation du patrimoine immobilier (bâtiments plus performants, mieux classés sur le plan énergétique).
  • Renforcement de la marque employeur et de la relation avec les clients sensibles aux enjeux environnementaux.

En combinant mutualisation des espaces, optimisation des consommations et mobilité durable, les entreprises du tertiaire peuvent ainsi réduire significativement leur impact environnemental tout en améliorant leur performance globale.

La transition énergétique du tertiaire n’est plus un choix marginal : c’est une condition de pérennité, de compétitivité et de responsabilité vis‑à‑vis des générations futures.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le décret tertiaire pour les entreprises ?

Le décret tertiaire impose aux bâtiments tertiaires au‑delà d’un certain seuil de surface de réduire progressivement leurs consommations d’énergie, avec un objectif de –40 % à l’horizon 2030 par rapport à une année de référence.

Comment une PME peut-elle commencer à réduire sa consommation d’énergie ?

Commencez par mesurer vos consommations, ajuster les températures, éteindre systématiquement les équipements inutilisés et optimiser l’occupation des locaux, puis structurez ces actions dans un plan d’économies d’énergie.

Les bureaux partagés sont-ils vraiment intéressants pour la sobriété énergétique ?

Oui, car ils permettent de mieux remplir les m² existants, de mutualiser équipements et services, de réduire les surfaces inutilisées et donc de diminuer la consommation énergétique globale par poste de travail.

Pourquoi la mobilité des salariés est-elle un enjeu énergétique majeur ?

Les trajets domicile‑travail génèrent des dépenses importantes en carburant et des émissions de CO₂ ; le télétravail, le travail de proximité et les mobilités douces permettent de réduire significativement cet impact.

Quels sont les bénéfices pour les collaborateurs des démarches de sobriété énergétique ?

Ils bénéficient souvent de moins de trajets, de plus de flexibilité, d’espaces de travail plus confortables et d’un sentiment de cohérence avec leurs valeurs environnementales.

La transition énergétique coûte-t-elle forcément cher aux entreprises ?

Certaines actions demandent des investissements, mais de nombreux leviers à faible coût existent, et les économies d’énergie, la réduction des surfaces et la mutualisation des services compensent souvent rapidement les dépenses initiales.