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Quels risques informatiques encourent les entreprises avec le télétravail ?

Télétravail et cybersécurité : découvrez les principaux risques informatiques pour votre entreprise et les bonnes pratiques pour les limiter efficacement.

Quels risques informatiques encourent les entreprises avec le télétravail ?

Le développement du télétravail, rendu possible par les outils numériques et les connexions haut débit, est devenu un mode d’organisation courant dans les entreprises. S’il offre de nombreux avantages (flexibilité, continuité d’activité, réduction des coûts immobiliers…), il ouvre aussi de nouvelles brèches pour les cybercriminels.

Comprendre les principaux risques informatiques liés au télétravail est indispensable pour mettre en place les bons réflexes et protéger à la fois vos données, vos clients et la continuité de votre activité.

1. Une surcharge de la connexion et du VPN

Lorsque de nombreux collaborateurs basculent en télétravail, l’infrastructure informatique peut être mise à rude épreuve. Le problème le plus fréquent : une surcharge de la connexion, notamment au niveau du VPN.

Pourquoi la connexion sature-t-elle ?

Dans beaucoup d’entreprises, le réseau interne et les équipements (serveurs, pare-feu, concentrateurs VPN, etc.) ont été dimensionnés pour un nombre limité de connexions distantes. Quand plusieurs dizaines ou centaines de salariés se connectent simultanément :

  • Le VPN peut devenir instable ou refuser de nouvelles connexions.
  • Le débit chute fortement, rendant l’accès aux applications métiers difficile.
  • Les temps de réponse explosent, ce qui ralentit la production et la collaboration.

Au-delà de l’inconfort, ces ralentissements créent une pression sur les équipes informatiques, qui doivent à la fois garantir la continuité de service et gérer les demandes d’assistance des télétravailleurs.

Bonnes pratiques pour limiter ce risque

  • Dimensionner correctement le VPN : anticiper le nombre d’utilisateurs distants et adapter les capacités (bande passante, licences, équipements).
  • Prioriser les flux critiques : réserver une partie de la bande passante aux applications indispensables (ERP, CRM, outils métiers…).
  • Mettre en place des accès alternatifs sécurisés : bureaux virtuels (VDI), applications en mode SaaS, etc., afin de réduire la charge sur le VPN.
  • Informer les équipes : définir des plages d’utilisation préférentielles ou des consignes pour éviter les usages superflus en période de forte charge.

2. L’hameçonnage (phishing) : la menace la plus courante

Le phishing fait partie des cyberattaques les plus répandues, et le télétravail tend à augmenter son efficacité. Les collaborateurs, plus isolés, sont souvent moins vigilants que lorsqu’ils sont au bureau.

Comment le phishing cible les télétravailleurs ?

Le principe reste le même : le cybercriminel envoie un message (généralement un e-mail, parfois un SMS ou un message sur un outil collaboratif) en se faisant passer pour :

  • un collègue ou un supérieur hiérarchique ;
  • un service interne (RH, informatique, comptabilité) ;
  • un fournisseur ou un partenaire.

L’objectif est de pousser le salarié à :

  • cliquer sur un lien vers un site frauduleux qui récupère identifiants et mots de passe ;
  • ouvrir une pièce jointe infectée par un logiciel malveillant ;
  • communiquer des informations sensibles (codes d’accès, données bancaires, etc.).

Une fois un compte compromis, l’attaquant peut rebondir vers d’autres systèmes, consulter des données confidentielles, ou déployer d’autres attaques (ransomware, fraude au virement…).

Signaux d’alerte et réflexes à adopter

Quelques indices typiques d’un mail de phishing :

  • Adresse d’expéditeur légèrement différente de l’officielle.
  • Ton urgent ou menaçant (“action immédiate requise”) incitant à agir vite.
  • Lien cliquable dont l’adresse réelle, au survol, ne correspond pas au domaine habituel.
  • Fautes de grammaire ou de formulation suspects.

Bonnes pratiques :

  • Ne jamais cliquer sur un lien ou ouvrir une pièce jointe sans vérifier la source.
  • En cas de doute, contacter directement l’expéditeur supposé par un autre canal (téléphone, messagerie interne).
  • Signaler immédiatement les tentatives de phishing au service informatique.
  • Organiser des sessions régulières de sensibilisation pour tous les collaborateurs, en particulier les télétravailleurs.

3. Risques d’accès, d’autorisation et d’authentification

Le télétravail complexifie la gestion des identités et des droits d’accès. Une mauvaise configuration peut créer des failles majeures.

D’où viennent ces risques ?

On distingue deux grandes origines :

  • Interne : erreurs de paramétrage, système d’information mal segmenté, absence de mise à jour des profils utilisateurs (départs, changements de poste…).
  • Externe : cyberattaque exploitant des identifiants faibles, volés ou réutilisés, ou tirant parti d’un manque de contrôle des appareils utilisés.

Conséquences possibles :

  • Un collaborateur accède à des informations pour lesquelles il n’a pas d’autorisation (données RH, comptables, stratégies, dossiers clients…).
  • Des comptes demeurent actifs après le départ d’un salarié, constituant une porte d’entrée potentielle.
  • Des connexions se font depuis des appareils personnels non maîtrisés (ordinateurs familiaux, smartphones non chiffrés, etc.), augmentant la surface d’attaque.

Comment sécuriser les accès à distance ?

  • Principe du moindre privilège : chaque utilisateur ne dispose que des droits strictement nécessaires à sa fonction.
  • Authentification forte : déployer l’authentification multifacteur (MFA) pour les accès sensibles (VPN, messagerie, outils métiers).
  • Politiques de mot de passe robustes : longueur minimale, renouvellement régulier, interdiction de la réutilisation.
  • Revue régulière des droits : audit périodique des comptes et des autorisations, suppression immédiate des accès pour les comptes inactifs ou les sortants.
  • Encadrement des appareils utilisés : définir clairement si le BYOD (Bring Your Own Device) est autorisé ou non, et dans quelles conditions (chiffrement, antivirus, mises à jour…).

4. Les rançongiciels (ransomwares) : un risque critique

Les ransomwares visent à chiffrer ou bloquer l’accès aux données et aux systèmes de l’entreprise, puis à exiger une rançon pour les “libérer”. Ce type d’attaque touche particulièrement les organisations qui s’appuient fortement sur le télétravail, car la surface d’attaque est plus large.

Comment un ransomware pénètre-t-il le système ?

La méthode d’intrusion est souvent similaire au phishing :

  • L’utilisateur reçoit un e-mail contenant une pièce jointe ou un lien malveillant.
  • En l’ouvrant, il déclenche l’exécution d’un programme qui se propage sur le poste, puis sur le réseau.

Contrairement au phishing classique, l’attaquant n’a pas toujours besoin d’usurper l’identité d’un collaborateur : il peut se contenter de piéger l’utilisateur via un document ou un logiciel apparemment légitime.

Une fois en place, le ransomware :

  • chiffre les fichiers de l’entreprise ;
  • rend les systèmes inaccessibles ;
  • peut aussi exfiltrer des données pour faire pression en menaçant de les divulguer.

Prévenir et limiter l’impact des ransomwares

  • Sauvegardes régulières et testées : disposer de sauvegardes déconnectées du réseau principal et vérifier régulièrement leur capacité de restauration.
  • Mises à jour systématiques : maintenir les systèmes, logiciels et antivirus à jour pour combler les vulnérabilités.
  • Segmentation du réseau : limiter la propagation possible d’un malware à tout le système.
  • Plan de réponse à incident : définir à l’avance qui fait quoi en cas d’attaque, pour réagir vite.

5. Synthèse des principaux risques et leviers d’action

Le tableau ci-dessous récapitule les risques informatiques majeurs liés au télétravail et les actions prioritaires à envisager :

Risque principalImpact potentiel sur l’entrepriseActions préventives clés
Surcharge de connexion / VPNRalentissement, interruptions, perte de productivitéDimensionner le VPN, prioriser les flux, solutions SaaS
Phishing (hameçonnage)Vol d’identifiants, fuite de données, autres attaquesSensibilisation, vérification systématique, signalement
Mauvaise gestion des accès/autorisationsAccès non autorisés à des données sensiblesMoindre privilège, MFA, revue régulière des droits
Utilisation d’outils ou d’appareils non homologuésIntroduction de malwares, fuite d’informationsPolitique claire sur les équipements, sécurité minimale
Rançongiciels (ransomwares)Blocage total de l’activité, pertes financières et d’imageSauvegardes, mises à jour, segmentation, plan d’incident

Mettre en place un cadre clair pour le télétravail (charte, procédures, formations, outils homologués) permet de réduire significativement ces risques et de transformer le travail à distance en véritable levier de performance, plutôt qu’en menace pour la sécurité de votre système d’information.

Questions fréquentes

Pourquoi le télétravail augmente-t-il les risques de cyberattaque ?

Le télétravail multiplie les points d’accès au système d’information (réseaux domestiques, appareils personnels, connexions distantes), ce qui offre davantage d’opportunités aux cybercriminels si la sécurité n’est pas adaptée.

Comment protéger efficacement les télétravailleurs contre le phishing ?

La combinaison de formations régulières, d’exercices de sensibilisation, de filtres anti-spam et de procédures de signalement rapide des e-mails suspects est la meilleure approche pour réduire l’impact du phishing.

Faut-il interdire l’usage d’appareils personnels en télétravail ?

Pas forcément, mais il est essentiel de définir une politique claire : conditions d’usage, exigences de sécurité minimales (antivirus, mises à jour, chiffrement) et outils obligatoires fournis par l’entreprise.

Que faire en cas de suspicion de ransomware sur un poste en télétravail ?

Il faut immédiatement déconnecter l’appareil du réseau, prévenir le service informatique, ne pas éteindre la machine sans consigne et ne jamais payer de rançon sans avis d’expert et analyse complète de la situation.

Quels premiers investissements prioriser pour sécuriser le télétravail ?

Les priorités sont généralement le renforcement du VPN, la mise en place de l’authentification multifacteur, des sauvegardes fiables, ainsi que des actions de sensibilisation de tous les collaborateurs.

Une petite entreprise est-elle autant exposée qu’un grand groupe ?

Oui, les PME sont tout autant visées et parfois plus vulnérables faute de moyens dédiés à la cybersécurité. Elles doivent adapter les mesures à leur taille, mais ne peuvent pas ignorer ces risques.