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Savoir prendre des décisions

Apprenez à décider comme un entrepreneur : gérer vos émotions, assumer des choix difficiles et privilégier le long terme pour faire grandir votre entreprise.

Savoir prendre des décisions

Lorsque l’on est entrepreneur, la prise de décision n’est pas seulement une compétence parmi d’autres : c’est le cœur du métier. Vous êtes le « capitaine du navire » et, qu’il s’agisse d’un freelance solo ou d’une PME, chacun de vos choix oriente la trajectoire de votre entreprise.

Savoir décider, c’est accepter de trancher dans l’incertitude, de prendre des risques calculés et, parfois, de faire des choix inconfortables. Cela suppose aussi d’apprendre à faire la part des choses entre intuition, émotions et analyse rationnelle.

Comprendre la responsabilité de la décision entrepreneuriale

En tant qu’entrepreneur, vous ne décidez pas seulement pour vous-même. Vos choix peuvent avoir un impact sur :

  • La santé financière de l’entreprise
  • Les emplois et les conditions de travail de vos collaborateurs
  • La satisfaction de vos clients et partenaires
  • Votre propre équilibre de vie et votre santé mentale

Cette responsabilité crée une pression forte : peur de se tromper, crainte de décevoir, risque de regrets. D’où l’importance de bâtir une méthode de décision qui vous permette d’avancer malgré l’incertitude.

Court terme vs long terme : accepter les décisions inconfortables

Beaucoup de bonnes décisions entrepreneuriales sont, au départ, désagréables. Elles peuvent :

  • Détériorer temporairement les résultats financiers
  • Créer des tensions dans l’équipe
  • Imposer des sacrifices personnels
  • Remettre en question des habitudes bien ancrées

Pourtant, elles sont parfois nécessaires pour assurer la survie ou la croissance de l’entreprise.

Quelques exemples typiques :

  • Réduire certaines dépenses pour investir dans un projet stratégique
  • Mettre fin à une collaboration qui ne fonctionne plus, même avec une personne appréciée
  • Augmenter les prix pour maintenir la rentabilité, au risque de perdre quelques clients
  • Abandonner un projet déjà entamé, mais qui ne montre pas de potentiel réel

Ces décisions sont difficiles parce qu’elles cumulent deux caractéristiques :

  1. Un impact immédiat potentiellement négatif (perte de confort, de revenus, de popularité…)
  2. Un résultat incertain à long terme (vous ne pouvez jamais être sûr à 100 % du bien-fondé de votre choix)

C’est précisément ce qui rend le métier d’entrepreneur exigeant : il faut accepter ces zones d’inconfort, en gardant en tête la vision à long terme.

Comparer les approches court terme / long terme

Voici un tableau récapitulatif pour mieux visualiser la différence :

ApprocheLogique de court termeLogique de long terme
Objectif principalÉviter l’inconfort immédiat, préserver le statu quoConstruire une entreprise solide et durable
Type de décisionsRéactives, défensives, dictées par l’urgenceProactives, stratégiques, alignées avec la vision
Rôle des émotionsTrès présent : peur, culpabilité, besoin de plairePrésent mais canalisé par l’analyse et la vision
RisquesStagnation, dérive lente, crises répétéesInconfort ponctuel, erreurs ponctuelles mais progressions réelles
Résultat probableSoulagement à court terme, fragilisation futureDifficultés à court terme, renforcement progressif

L’objectif n’est pas de supprimer le court terme, mais de ne pas lui laisser dicter toutes vos décisions. Il s’agit de garder le cap, même si la mer est agitée.

Gérer ses émotions sans les laisser commander

Les émotions sont une part essentielle de votre personnalité et de votre leadership. Elles vous permettent d’être empathique, motivant, humain. Le but n’est donc pas de les « éteindre », mais de les reconnaître et de les remettre à leur juste place au moment de trancher.

Quand les émotions brouillent la décision

Certaines situations mettent particulièrement vos émotions à l’épreuve :

  • Devoir licencier quelqu’un pour des raisons économiques
  • Refuser un projet proposé par une personne que vous appréciez
  • Recadrer un collaborateur qui ne remplit pas ses engagements
  • Dire non à un client qui demande une remise ou un service supplémentaire

Par exemple, licencier pour des raisons économiques n’est jamais agréable. Vos émotions vont naturellement vous pousser à éviter ce choix : culpabilité, tristesse, peur du conflit… Pourtant, dans certains cas, cette décision est indispensable pour la survie de l’entreprise et la protection des autres emplois.

Les émotions peuvent alors :

  • Vous pousser à repousser une décision nécessaire
  • Vous inciter à accepter trop de compromis
  • Vous faire prioriser le confort immédiat plutôt que la santé de l’entreprise

Trouver l’équilibre entre humanité et pragmatisme

L’enjeu n’est pas de devenir froid ou indifférent. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre :

  • Accueillir l’émotion : reconnaître que la situation est difficile, pour vous comme pour les autres
  • Analyser la situation à froid : faits, chiffres, conséquences concrètes
  • Décider en fonction de la vision globale : qu’est-ce qui sert le mieux l’entreprise à moyen et long terme ?

En résumé :

  • Bloquer vos émotions vous rendrait inhumain
  • Laisser vos émotions diriger toutes vos décisions peut mettre l’entreprise en danger

Le bon positionnement : écouter vos émotions, mais laisser le pragmatisme et la vision d’ensemble trancher.

Une méthode simple pour prendre de meilleures décisions

Pour ne pas rester prisonnier du doute ou de l’émotion, il est utile de vous appuyer sur un petit processus de décision, même informel.

1. Clarifier la décision à prendre

  • Formulez la décision en une phrase simple : « Dois-je… ? »
  • Identifiez ce qui dépend vraiment de vous et ce qui ne dépend pas de vous

2. Lister les options réalistes

  • Ne restez pas coincé dans un faux dilemme « tout ou rien »
  • Notez 2 à 4 options possibles, même imparfaites

3. Évaluer chaque option avec deux filtres

Pour chaque option, interrogez-vous :

  • Impact à court terme : qu’est-ce que cela change dans les prochaines semaines ? Pour qui ?
  • Impact à long terme : en quoi cela sert (ou dessert) la vision et la solidité de l’entreprise ?

Vous pouvez compléter avec :

  • Les risques principaux
  • Les ressources nécessaires (temps, argent, énergie)

4. Identifier les émotions en jeu

  • Qu’est-ce qui me retient vraiment ? Peur, culpabilité, besoin d’être aimé, besoin de contrôle…
  • Qu’est-ce qui m’attire ? Enthousiasme, désir de reconnaissance, curiosité…

Les nommer permet de les reconnaître… sans leur donner les commandes.

5. Trancher et assumer

Une fois l’analyse faite :

  • Décidez dans un délai raisonnable (se laisser trop de temps entretient le doute)
  • Formalisez votre décision par écrit ou auprès d’un tiers
  • Préparez la communication de cette décision de façon claire et respectueuse

Assumer ne veut pas dire que vous êtes certain à 100 %, mais que vous acceptez les conséquences de votre choix et que vous êtes prêt à ajuster si nécessaire.

6. Apprendre de chaque décision

Qu’elle soit un succès ou non, chaque décision est une source d’apprentissage :

  • Qu’est-ce qui a bien fonctionné dans ma façon de décider ?
  • Où me suis-je laissé trop influencer par mes émotions ou par l’urgence ?
  • Que ferai-je différemment la prochaine fois ?

Avec le temps, vous développerez un véritable « sens de la décision », propre à votre style d’entrepreneur.


Être entrepreneur, c’est accepter des moments moins agréables, des choix difficiles et des zones d’incertitude. Mais c’est aussi ce qui fait la force et la liberté de ce métier : vous avez le pouvoir de décider de la direction, à condition d’oser le faire avec lucidité, humanité et courage.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je autant de mal à prendre certaines décisions en tant qu’entrepreneur ?

Parce que vos décisions ont des conséquences réelles sur vous, vos équipes et vos clients. La peur de vous tromper ou de faire du mal à quelqu’un rend le choix plus lourd, surtout sans méthode structurée.

Comment limiter l’impact négatif de mes émotions sur mes décisions ?

Commencez par les reconnaître, puis prenez un temps d’analyse factuelle : chiffres, enjeux, risques. Décalez la décision de quelques heures si nécessaire, mais fixez-vous toujours une échéance pour trancher.

Faut-il toujours privilégier le long terme sur le court terme ?

Le long terme doit orienter la majorité de vos décisions, mais le court terme ne peut pas être ignoré. L’essentiel est de ne pas sacrifier systématiquement l’avenir pour un confort immédiat.

Comment assumer une décision difficile vis-à-vis de mon équipe ?

Expliquez le contexte, la logique de votre choix et les alternatives étudiées. Restez transparent sur les contraintes, ferme sur la décision, mais disponible pour écouter les réactions.

Puis-je déléguer certaines décisions sans perdre mon rôle de dirigeant ?

Oui, à condition de garder la main sur les décisions stratégiques. Déléguer les décisions opérationnelles permet même de vous concentrer sur les choix à plus fort impact pour l’entreprise.

Comment savoir si une mauvaise décision vient d’une erreur ou de la malchance ?

Analysez le processus suivi : avez-vous rassemblé les bonnes informations, évalué les options, tenu compte des risques ? Si la démarche était solide, l’issue peut relever de l’aléa plutôt que d’une faute.