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Cession Dailly : financer sa trésorerie avec ses factures sans passer par l'affacturage classique en 2026

La cession Dailly permet de mobiliser ses créances professionnelles auprès de sa banque, sans contrat d'affacturage. Fonctionnement, coût et limites en 2026.

Dirigeant de PME remettant un bordereau de cession de créances à son conseiller bancaire

Attendre le règlement d’une facture à 60 jours quand la trésorerie est tendue est l’un des problèmes les plus fréquents des PME françaises. L’affacturage est la solution la plus connue, mais elle n’est pas toujours la plus adaptée — surtout pour un besoin ponctuel ou un volume de créances limité. La cession Dailly, moins médiatisée, répond souvent mieux à ce cas de figure précis.

La cession Dailly : un mécanisme bancaire, pas un contrat de service

Instaurée par la loi du 2 janvier 1981, la cession Dailly permet à une entreprise de transférer à sa banque une ou plusieurs créances professionnelles identifiées, en échange d’un financement immédiat. Concrètement :

  • L’entreprise remplit un bordereau de cession listant les créances concernées (client, montant, échéance).
  • La banque avance tout ou partie du montant correspondant.
  • À l’échéance, le client final règle sa facture — soit directement à la banque, soit à l’entreprise qui reverse ensuite les fonds selon les modalités convenues.

À retenir : la Dailly ne transfère pas la gestion de la relation client. L’entreprise reste seule responsable du suivi, de la relance et, en cas de non-paiement, du recouvrement — c’est la différence structurante avec l’affacturage.

Pourquoi ce mécanisme reste peu utilisé malgré ses atouts

La Dailly souffre d’un déficit de notoriété face à l’affacturage, plus commercialisé par des acteurs spécialisés. Elle suppose aussi une condition préalable : disposer d’une ligne de financement Dailly négociée avec sa banque, ce qui demande une relation bancaire solide et un dossier de crédit déjà validé.

Cession Dailly ou affacturage : comment choisir

Le tableau suivant synthétise les différences pratiques entre les deux mécanismes :

CritèreCession DaillyAffacturage
InterlocuteurBanque uniquementSociété d’affacturage (factor)
Gestion du recouvrementReste à la charge de l’entrepriseDéléguée au factor
PérimètreCréances identifiées, ponctuellesSouvent l’ensemble du poste clients
Coût principalTaux d’intérêt sur l’avanceCommissions de financement + commission d’affacturage
Mise en placeRapide si ligne déjà négociéeContrat plus structurant, mise en place plus longue
Profil adaptéPeu de clients, gros montants, besoin ponctuelVolume de factures élevé, clientèle nombreuse

La Dailly s’impose naturellement quand une entreprise facture un nombre restreint de clients importants et solvables, et cherche à lisser un besoin de trésorerie ponctuel sans s’engager dans un contrat global. L’affacturage garde l’avantage dès que le volume de factures augmente ou que l’entreprise souhaite déléguer entièrement le suivi de son poste clients — un choix à comparer avec notre article sur le coût réel de l’affacturage.

Mettre en place une cession Dailly : la démarche

1. Négocier une ligne Dailly avec sa banque

La première étape consiste à obtenir de sa banque une ligne de financement Dailly, généralement adossée à un plafond global. Cette négociation s’appuie sur l’historique de la relation bancaire, la solidité financière de l’entreprise et la qualité des créances à mobiliser.

2. Identifier les créances à céder

Toutes les créances ne se valent pas aux yeux de la banque : elle privilégiera des factures émises sur des clients solvables, avec un historique de paiement fiable. Une créance sur un client en difficulté financière sera plus difficilement acceptée, ou financée avec une décote plus importante.

3. Remplir et transmettre le bordereau

Le bordereau Dailly, document normalisé, liste les créances cédées avec leurs références précises. Une fois signé et transmis à la banque, celle-ci procède au déblocage des fonds, généralement sous quelques jours.

4. Assurer le suivi jusqu’au règlement

L’entreprise conserve la responsabilité du recouvrement. Un client qui paie en retard n’entraîne pas d’intervention automatique de la banque — c’est à l’entreprise de relancer, comme elle le ferait pour une créance non cédée.

Les limites à connaître avant de s’engager

La cession Dailly n’est pas une solution universelle. Trois limites méritent d’être anticipées :

  1. La dépendance à une seule banque : contrairement à l’affacturage, qui peut être mis en place avec un factor indépendant de sa banque principale, la Dailly renforce la dépendance à l’établissement bancaire habituel.
  2. L’absence de garantie contre l’impayé : la banque avance des fonds sur une créance, mais n’assume pas le risque de non-paiement du client final — à la différence d’un contrat d’affacturage incluant une assurance-crédit.
  3. Un mécanisme peu adapté à un volume élevé : au-delà d’un certain nombre de factures à mobiliser régulièrement, la charge administrative de gestion des bordereaux devient plus lourde qu’un contrat d’affacturage automatisé.

Avant de solliciter une ligne Dailly, un point avec son conseiller bancaire permet de vérifier la faisabilité réelle du dispositif au regard du profil de l’entreprise et de la qualité de ses clients. Pour une vision d’ensemble de la santé financière de votre structure avant d’engager cette démarche, notre diagnostic de santé financière constitue un point de départ utile.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la cession Dailly exactement ?

La loi Dailly de 1981 permet à une entreprise de céder à sa banque, par simple bordereau, tout ou partie de ses créances professionnelles en échange d'un financement immédiat. La banque avance les fonds correspondant à la créance cédée, puis se fait rembourser lorsque le client final règle la facture. C'est un mécanisme de mobilisation de créances encadré juridiquement, distinct d'un contrat d'affacturage.

Quelle est la différence entre cession Dailly et affacturage ?

L'affacturage repose sur un contrat global avec un factor, qui gère l'ensemble du poste clients : financement, recouvrement, relance, et souvent assurance-crédit. La cession Dailly est plus ponctuelle et plus simple : elle finance une créance identifiée, gérée exclusivement auprès d'une banque, sans transfert de la gestion du recouvrement. L'entreprise garde la main sur la relation client et les relances.

Qui peut proposer une cession Dailly ?

Seul un établissement de crédit — donc une banque — peut recevoir une cession de créances par bordereau Dailly. Contrairement à l'affacturage, ouvert à des sociétés spécialisées, la Dailly suppose une relation bancaire déjà établie et généralement une ligne de financement Dailly préalablement négociée avec sa banque.

Quel est le coût réel d'une cession Dailly ?

Le coût principal est un taux d'intérêt appliqué sur l'avance de trésorerie, calculé au prorata du temps entre la cession et le paiement effectif de la créance par le client. Ce taux est généralement inférieur aux commissions d'affacturage, qui incluent en plus les frais de gestion du poste clients et, souvent, une commission d'assurance-crédit. En contrepartie, l'entreprise conserve à sa charge le suivi et la relance du client.

La Dailly convient-elle à toutes les entreprises ?

Elle convient particulièrement aux entreprises qui facturent un nombre limité de clients importants et solvables, et qui ont besoin d'un financement ponctuel plutôt que d'une externalisation complète de leur poste clients. Pour un volume de factures élevé, une clientèle nombreuse ou un besoin de délégation du recouvrement, l'affacturage classique reste généralement plus adapté.